Chagrins de lectrice

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Dans le podcast sur la série Le Parfum, j’avais fait un parallèle entre les coups de foudre littéraires et les coups de foudre amoureux. Comme les histoires d’amour finissent mal (en général), on éprouve aussi des chagrins littéraires. Malheureusement .


On est déçu par un auteur qu’on porte aux nues, un livre nous tombe des mains et on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine tristesse. Cela ressemble un peu à des retrouvailles avec un vieil ami qui se passent mal. Malgré la tendresse qu’on éprouve, la personne en face de nous n’est plus la même. Le courant ne passe plus, on n’est que deux étrangers qui essaient plus ou moins bien de faire comme si. On ressort de cette rencontre avec l’impression d’avoir mal joué une scène de théâtre.  

J’avais notamment eu cette sensation avec « Quand sort la recluse », de Fred Vargas que j’ai trouvé moins bon que les autres aventures de Jean-Baptiste Adamsberg, un de mes héros préférés. J’ai malheureusement retrouvé cette sensation avec « Le dentier du maréchal, Madame Volotinen, et autres curiosités » d’Arto Paasilina. Dans cet ouvrage, nous suivons les aventures d’un finlandais travaillant dans les assurances, Monsieur Volomari Volotinen. 

Notre héros possède un passe-temps des plus insolites. Il est collectionneur d’objets rares. Pas d’antiquités. Non. Lui vise l’insolite, le surprenant, le farfelu. Nous le suivons alors qu’il entreprend d’enrichir sa collection, qui devient de plus en plus hétéroclite, du slip de Tarzan à la clavicule du Christ en passant par le dentier d’un maréchal.

J’aime beaucoup Arto Paasilina, et depuis longtemps. Je l’avais découvert grâce au merveilleux « Petits suicides entre amis » que je recommande depuis à chaque personne qui croise ma route. Croyez-moi, ce livre vaut la peine d’être lu. Ou ne me croyez pas, d’ailleurs, et vérifiez par vous-même. C’est  sa manière très sérieuse de raconter des histoires complètement loufoques qui m’avait plu. Les personnages de Paasilina affrontent avec bonne foi et enthousiasme des situations qui très vite les dépassent complètement. Cela commence par un battement d’aile de papillon puis,  très vite, ils font face à une tornade de conséquence et de désordres en tout genre.

"Le dentier du

On retrouve bien ces éléments dans cet ouvrage. Volotinen et son épouse vont à un endroit quelconque et découvrent un objet qui enrichirait la collection. Suivent alors des péripéties plus ou moins farfelues qui vont de l’accident de voiture à la menace d’un incident diplomatique avec l’URSS et  le collectionneur repart avec n’importe quoi, comme à son habitude. 

Mais ce qui m’a gênée dans ma lecture, c’est l’absence d’une intrigue de fond. Dans le livre « Petits suicides entre amis », du même auteur, on retrouve ce cheminement fait d’épisodes qui se suivent. Toutefois, ces incidents se produisent dans le cadre d’un voyage ayant pour but un suicide collectif. Ici, en dehors de l’enrichissement de la collection du héros, il n’y a pas vraiment d’intrigue. 

J’ai eu l’impression de lire une succession d’anecdotes, dont j’ai à force trouvé la structure un peu répétitive et donc lassante. La fin m’a fait l’effet d’un vrai pétard mouillé. Comme l’histoire n’avançait nulle part, j’ai eu l’impression que cette conclusion avait été choisie par défaut à un livre qu’on peut au fond tout à fait prolonger. Ceci dit, j’ai tout de même beaucoup apprécié certaines péripéties, dont le bombardement involontaire d’une maison de retraite.

Moralité, j’ai eu des chagrins de lectrice. Fred Vargas et « Quand sort la recluse », « Les furtifs » d’Alain Damasio et bien sûr ce livre de Paasilina.  Ces chagrins jalonnent nos parcours de lecteurs, mais à l’image des chagrins d’amour, ils ne sont pas mortels et guérissent avec le temps. Une fois la déception passée, on ne garde en souvenir que les livres qu’on a aimés et on s’ouvre à la possibilité d’avoir d’autre coups de cœurs, de découvrir de nouvelles plumes. 

Quelque part, ces chagrins sont importants car ils nous aident à affirmer nos goûts et déterminer ce qu’on n’aime pas trouver dans les livres. Tout autant que nos coups de cœurs, ils contribuent à la formation de notre jugement critique.

Sur cette idée, je vous dis à bientôt au prochain billet,

Mademoiselle Jack

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