Middlewest est un comics de Skottie Young et Jorge Corona.

Figure paternelle

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Lectures

C’est le renard qui m’a attiré l’œil. Dans la librairie, la bestiole me faisait signe avec son museau pointu et son air un peu narquois. Et puis mes yeux sont passés du héros à la tempête infernale sur ses épaules. En retournant le livre, j’ai compris que je m’engageais dans une histoire de famille difficile, racontée avec beaucoup de poésie.


Avant de dérouler le fil de Middlewest, permettez-moi de poser un avertissement. Si beau soit son graphisme et toute poésie mise à part, ce comics aborde la violence parentale. Dépendant de vos sensibilités ou d’un vécu, ça peut être un peu déroutant.

Maintenant, laissez-moi vous raconter l’histoire compliquée d’Abel. Depuis le départ de sa mère, pour une raison qu’il ignore, le jeune garçon vit seul avec un père franchement colérique. Prénommé Dale, l’homme est positivement horrible. Il est violent moralement et physiquement. A l’occasion d’une énième dispute, celle de trop pour Abel, notre héros finit par se rebeller. Et la réponse de son père ne se fait pas attendre. Dale perd pieds et se transforme en un ouragan qui va mettre la ville à genoux. Quant à son fils, il va réussir à s’enfuir mais pas indemne. Dorénavant, une marque habille sa cage thoracique. Et s’il ne veut pas lui aussi détruire son environnement, il va devoir apprendre à la connaître et à contrôler sa propre rage.

Dans son voyage, Abel n’est pas seul. Le héros est accompagné d’un renard à la répartie cinglante et à la fidélité sans faille. Quoique mue, à l’occasion, par son instinct de survie, Renard est un allié qui se révèle indéfectible. Et qui ne rate pas une occasion de se foutre de lui, aussi.

Douleur et poésie

Crée par Skottie Young et Jorge Corona, Middlewest propose une histoire touchante. Aborder ce genre d’histoires de familles n’est a priori pas facile et la couche de fantastique englobant le récit donne une teneur poétique au récit, qui aide autant Abel que son lecteur à le traverser. Côté graphique, on appréciera le jeu des couleurs qui crée des environnements vifs et variés.

Quant aux personnages, il est difficile de tourner les pages sans ressentir de l’empathie pour certains d’entre eux. Ou un certain malaise. Outre leurs traits anguleux, leurs visages sont extrêmement expressifs. Prenez le père. A chacune de ses apparitions, il se fait de plus en plus gênant. Et même lorsqu’il est a priori inoffensif, ou qu’il essaie apparaître comme un gentil père de famille, les dessins portent toujours une énergie extrêmement ambiguë. A côté de ça, des personnages comme Renard ou le duo formé par la technicienne Bobby et son robot Molette ajoute une dose de comique équivalente et rassurante.

L’histoire d’Abel prend la forme d’une trilogie, dont le premier tome est disponible en français, chez Urban Comics, sous le label Urban Links. Pour la suite, il faudra attendre le 19 février prochain. Et, comme le premier tome nous laisse sur un cliff-hanger du diable, autant dire que je l’attends de pieds ferme !

@aleksduncan

P.S. : Le site d’Urban Comics partage la carte des librairies qui pratiquent le clic & collect. Un petit truc qui peut vous servir autant qu’à nous ! 🙂

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