Glitchhikers : the spaces between est un jeu créé par Silverstring Studio. Disponible sur Switch et ordinateur, il a pour objectif de faire cogiter le joueur sans lui taper sur le crâne. De lui faire explorer des lieux de transit comme autant de destinations à part entière. Le tout dans un environnement aux graphismes étonnants.

Il fait nuit. Difficile de dire où nous sommes. Et, d’après le robot posté dans le magasin près de nous, ce n’est pas le plus important. Non, il paraît que ce sont plutôt les voyages qui nous attendent qui comptent. La première étape est une virée en train, dont on ne connait évidemment pas la destination. L’atmosphère y est flottante. L’environnement a quelque chose de surréaliste, du fait des graphismes. Côté couleurs, c’est reposant avec, à l’occasion, des néons. Il y a aussi quelques musiciens le long du train.
L’objectif ? Formellement, il n’y en a pas. On peut choisir de s’asseoir et de regarder dehors, mais l’affaire n’avancera pas des masses. Une autre option est de traverser le train en écoutant les commentaires parfois un peu bateau du chef de bord. Et puis il y a celle de discuter avec les quelques passagers présents. Ils portent tous une histoire, qu’ils sont plus ou moins disposés à partager. La mécanique sera d’ailleurs à peu près la même dans les autres lieux de transit à explorer. Il s’agit d’un aéroport, d’un parc et d’une voiture sur l’autoroute.
Sorti en mars 2022, Glitchhikers : the spaces between est un jeu développé par Silverstring Media. Il est édité par Fellow Traveller. Il s’agit de la version raffinée d’un premier projet réalisé en 2014, intitulé Glitchhikers : First Drive. Un aperçu est d’ailleurs disponible une fois le road-trip réalisé. Des mots du studio, leur jeu s’intéresse « aux réflexions qui vivent entre les destinations, aux portions des voyages qui prennent tout notre temps, mais pas toute notre attention. Ces moments où nos esprits explorent des pans de nous-mêmes et de notre monde sur lesquels on ne se penche habituellement pas* « .
Méditation vidéoludique
Axé sur la dimension narrative, il demande d’être à l’aise avec l’anglais, le français ne faisant pas partie des options disponibles. En ce qui concerne les contrôles, c’est assez simple. On se déplace, parfois de manière un peu raide, on interagit et on choisit la réponse qui nous semble la plus appropriée. Le jeu est disponible sur Nintendo Switch et ordinateurs via Steam, itch.io, Gog.com et l’Humble Store.
J’ai passé des heures très agréables dans une atmosphère assez méditative. Ce type de jeu, qui tient plutôt de l’expérience, satisfait parfaitement ma passion pour les balades vidéoludiques. Il ne se limite néanmoins pas à une progression le nez en l’air. Les personnages que l’on rencontre portent tous un sujet plus ou moins lourd. Ils abordent notamment le deuil, la consommation de drogue et le suicide. A côté de ça, on aborde aussi l’accessibilité, la diversité ou encore les croyances.

Glitchhikers est développé de sorte que les joueurs puissent éviter les thèmes qui seraient délicats pour eux. Un système de filtrage est disponible dans les paramètres. Il permet de choisir les sujets sur lesquels on ne souhaite pas tomber pendant les explorations. Le robot installé dans le commerce, qui a vocation à aider le joueur, peut également intervenir sur ce point. Les conversations peuvent par ailleurs être stoppées à tout moment.
Toutes zones confondues, c’est le parc qui m’a paru le plus agréable à traverser. Je m’y suis baladé au hasard, en éteignant assez vite la musique – même si la bande-son est globalement chouette. A l’inverse, l’aéroport a plutôt eu tendance à me crisper. J’ai adoré échanger avec les personnages, dont certains deviennent récurrents. Après un premier tour du jeu, je n’ai d’ailleurs pas rencontré tous les profils. Ceci dit, Glitchhikers a la bonne idée de proposer des déclinaisons de quelques trajets. Finir le road-trip ouvre par exemple un mode « infinite drive ». Alors, à défaut de pouvoir en organiser un, j’en profite !
Aleks Duncan
* traduction de propos disponibles ici