Comme le titre vous l’a peut-être laissé deviner, je suis perplexe. Pourtant, je pensais miser sans risque sur une lecture sûre. Déjà, un livre de Malika Ferdjoukh. J’adore cette autrice, son humour et son amour des prénoms alambiqués. J’ai dévoré les aventures des « 5 sœurs » que je vous recommande chaudement. J’ai beaucoup apprécié « Minuit-cinq », que je n’ai pas relu depuis un certain temps, mais dont je garde un excellent souvenir. J’ai adoré « Faux numéro » et « Sombres citrouilles« . Quant à « Chaque soir à 11 heures », il est sur ma pile à lire depuis un temps certain, pour ne pas dire un certain temps. Tout ça pour vous dire que pour moi, Malika Ferdjoukh est une des plus belles plumes de la littérature jeunesse francophone. J’étais d’autant plus enthousiaste que « Griffe » est un roman policier. Ô joie, Ô bonheur, j’adore les romans policiers. Ce cocktail ne pouvait que faire des étincelles !
L’histoire se déroule dans un petit village perdu dans la brume anglaise. Un crime abominable nécessite la venue sur place d’un membre de Scotland Yard, accompagné de son jeune adjoint. Sur place, ils vont faire la connaissance d’une jeune fille bien décidée à les aider dans leur enquête. Mais tandis que la brume autour du mystère s’épaissit, le danger rôde…
J’ai trouvé ce roman bien mené, avec un certain sens du suspense et du danger, la menace semble être toujours toute prête à bondir sur nos protagonistes. L’atmosphère brumeuse de la petite ville anglaise est presque palpable tant elle est bien décrite. Les révélations et retournements de situations se poursuivent jusqu’au tout dernier moment et, surtout, l’intrigue est bien menée et cohérente. J’ai beaucoup aimé la galerie de personnages secondaires qui gravitent autour du village. Alors pourquoi cette perplexité ?
Des archétypes
Deux petits points ont un peu gênée ma lecture. Premièrement, j’ai trouvé que le petit prologue donnait un petit peu trop d’indications vis-à-vis de la suite. Résultat, j’ai deviné certains éléments qui auraient dû me surprendre. L’autre élément qui m’a un peu gênée, ce sont les personnages principaux. Si les personnages secondaires sont parfois surprenants, touchants et bien écrits, les personnages principaux semblent à mon goût un peu coincés dans leurs archétypes et jamais n’en sortir. Je n’ai pas senti chez eux de vulnérabilité ou de moment de doutes, sauf peut-être au moment de la résolution de l’enquête, c’est à dire à l’extrême fin du livre. Par conséquent, je ne me suis attachée ou identifiée à aucun d’entre eux, et ça a un peu gêné ma lecture.
Pour conclure, je dirais que « Griffe » est un bon roman, qui peut tout à fait plaire. Selon mon goût, il manque juste quelques éléments pour en faire une lecture vraiment marquante.
Sur ce, je m’en retourne dans mon nid !
À bientôt,
Mademoiselle Jack