"Le Cirque des rêves" est le premier roman d'Erin Morgenstern.

Évasion

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Lectures

Tout a commencé dans une librairie d’Oxford. J’observais avec curiosité les nouveautés du rayon Young Adult, quand une couverture noire et blanche ornée d’une discrète touche de rouge a attiré mon regard. Le titre, The Night Circus, a tout de suite capté mon attention. Ces deux mots représentaient pour moi une véritable promesse de voyage au pays des rêves. Sur la quatrième de couverture, il était question de magie, de duel et d’amour. J’étais toute prête à me jeter à corps perdu dans cette lecture. Pourtant, je suis sortie de la boutique sans le livre, par souci d’économie, en me promettant de le retrouver une fois en France. A ma grande honte, il m’est sorti de l’esprit aussi facilement qu’il y était entré.


Le livre ne fut pas ingrat, semble-t-il, car c’est lui qui m’a retrouvée. Un jour, au détour d’une étagère de bibliothèque, il m’attendait. Malgré la traduction en français, il avait gardé la même couverture afin que je puisse aisément le reconnaître. Il semblait m’attendre, comme un vieil ami longtemps négligé qui vous reçoit à nouveau avec clémence. Je n’ai pas laissé passé cette deuxième opportunité et l’ai prestement emporté chez moi. Dès les premières lignes, il m’a été impossible de reposer avant de l’avoir fini.

C’est l’histoire d’un cirque mystérieux et féerique. Il arrive sans prévenir et se dresse d’un coup sans que personne ne l’ait vu s’installer. A minuit, ses portes s’ouvrent et permettent aux visiteur d’assister à des numéros plus féeriques les uns que les autres, de déambuler entre d’incroyables pavillons et de toucher du doigt le merveilleux. Le Cirque des rêves est ainsi fait : il ne ressemble à aucun autre et les visiteurs en ressortent tous profondément marqués.

Mais sous la surface, couve un drame. Ce cirque est en réalité le terrain d’un duel entre deux jeunes magiciens destinés à s’affronter depuis leur plus tendre enfance. Mais quand l’amour se mêle à la partie, l’équilibre chavire et menace non seulement les joueurs mais tous ceux qui gravitent autour d’eux.

*

Les droits cinématographiques de son roman ont été octroyés à Lionsgate. Le projet est estampillé « en développement », donc difficile de dire si quelque chose se ferra et, surtout, quand.

Ce livre est un véritable enchantement. J’ai littéralement tout aimé. L’intrigue, d’abord, qui entraîne son lecteur dans un tourbillon effréné de magie. L’auteure pose avec talent un cadre de rêve, complexe et fascinant dans lequel j’ai plongé avec délice. Tout au long de l’intrigue, on flotte avec les personnages dans la bulle irréelle que constitue le cirque. J’ai savouré chaque description qui me permettait de m’immerger un peu plus dans ce rêve merveilleux.

Les personnages ne sont pas en reste, Erin Morgenstern ne se contente pas, comme c’est malheureusement souvent le cas, de mettre en lumière les deux protagonistes principaux, qui sont ici proprement fascinants. Cet univers fantastique est peuplé d’une galerie de personnages extrêmement variés et suffisamment détaillés pour qu’on s’y attache et qu’on tremble pour eux.

Car cette bulle fantaisiste n’est pas sans danger. Avec subtilité, l’auteure nous rappelle régulièrement que nous sommes en équilibre au bord du gouffre et que le drame guette. Quand il touche les personnages de plein fouet, le lecteur ne peut que s’associer à leur chagrin. Le suspense est entier jusqu’à la fin, jusqu’à la dernière seconde du livre.

*

L’écriture de son livre démarre lors d’un Nanowrimo ( “National Novel Writing Month”), un défi d’écriture s’étalant sur un mois.

Petit bonus, j’ai adoré la manière dont l’auteure traite le sujet du triangle amoureux. Trop souvent, le personnage rejeté, celui qui se retrouve au bord de la route, est au mieux traité comme un accessoire et au pire présenté comme le méchant. J’ai toujours trouvé ces deux approches simplistes.

Dans ce roman, l’auteure nous met face à la souffrance du personnage qui tente de s’accrocher à un amour à sens unique, qui lui file entre les doigts. Elle ose prendre le risque qu’on en veuille au héros, qui n’en devient que plus complexe grâce à cette part d’ombre. Bref, elle ne prends pas le lecteur pour un idiot en osant dire que oui, parfois, un des personnages principaux peut agir comme un parfait connard.

En ces temps d’enfermement, Le Cirque des rêves est le titre parfait pour s’évader et oublier un temps ce quotidien morose et flotter dans une bulle de magie, de fantaisie et de poésie. Ce livre est tout ce que j’aime et même plus. Il m’a profondément touchée et bouleversée, au point que j’ai eu du mal à mettre des mots qui lui rendraient justice sur mes impressions. Je ne peux dire qu’une chose : merci, Erin Morgenstern, pour ce fabuleux voyage. J’espère que vous aussi, vous laisserez emporter par cette magie.

Bonne lecture, et faites de beaux rêves,

Miss Jack


Le Cirque des rêves (The Night Circus)
Erin Morgenstern
Egalement disponible sur Kobo, Kindle et Vivlio

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