Muscle Roi, Hétonque, YBY

Du sang, de la sueur et des muscles

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Lectures

Je n’aime pas les romans noirs. Ceux qui me sont tombés dans les mains m’ont laissés un sacré malaise. Du genre qui colle à la peau. Ignorant joyeusement ce passif, je me suis lancée dans la lecture de Muscle Roi, d’Hétonque, paru aux éditions YBY. C’est ma meilleure lecture depuis le début de l’année.


Muscle Roi n’est toutefois pas à mettre entre toutes les mains. Le roman est adressé à un public averti. Pour le dire rapidement, on y meurt et salement. Au centre de cette histoire se trouve Jérémie. Nous sommes au début des années 2000, il est alors journaliste pour la revue « Murmure », qui se destine à un public homosexuel. L’homme est néanmoins un peu usé et un brin cynique. Son travail l’amène dans le milieu de l’haltérophilie, afin de mettre en lumière un athlète à l’avenir prometteur : Mathias Bergy. Cet avenir se révèlera malheureusement de courte durée et fera entrer Jérémie sur un terrain délicat : celui de l’enquête concernant un meurtre.

Plume acérée

C’est le personnage de Jérémie qui m’a emporté instantanément. Il mène la majorité du roman. J’ai adoré son esprit, son ironie et le sens de la répartie que lui a infusés Hétonque. Le seul défaut que je lui ai trouvé est son côté un peu mielleux avec son mec, mais je suis peut-être aussi un peu aigrie !

Hétonque aborde différents sujets avec souplesse, en donnant à voir la situation des personnages gravitant autour de la salle de sport, lieu central de son enquête. Ces passages, racontés exceptionnellement à la troisième personne, délivrent des billes et donnent une profondeur à l’histoire. On y entrevoit par exemple racisme, sexisme et manipulation.

Descente aux enfers

La résolution, ni téléphonée ni gâtée, est brutale. La descente qui y mène laisse le lecteur accroché aux pages. J’ai été particulièrement touchée par l’après. Les dernières pages ont quelque chose d’inattendu. On change presque de registre pour découvrir un nouvel aspect de la personnalité du héros, le rendant encore plus efficace.

Si c’est un livre que je conseille, il faut néanmoins se lancer en sachant qu’il aborde des points qui pourrait choquer certains lecteurs. La maison d’édition YBY propose ainsi un avertissement au début de chacun de ses livres. Les principaux contenus pouvant heurter la sensibilité sont ici l’apologie de la violence, la dépendance affective, la discrimination, les jugements sur le physique, les meurtres, la misanthropie, les mutilations, les relations toxiques, le suicide et le validisme.

Aleksandra Duncan

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Publié par

Créatrice et rédactrice sur Ilmi' Mag. Passionnée de musiques un peu bruyantes, dame à chat et MacGyver en formation éternelle.

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